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     Accueil > Eglise > dernière mise à jour: 2013-04-26 12:24:54
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Syrie : les appels à la libération des évêques se multiplient



On reste sans nouvelle fiable des deux évêques orthodoxes enlevés au nord de la Syrie alors qu'ils effectuaient une opération humanitaire. Mgr Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, et de Mgr Boulos Yazigi, évêque grec orthodoxe d’Alep, le frère du patriarche Jean X Yazigi, ont été capturé lundi dernier à Kafar Dael, dans la région d'Alep alors qu'ils rentraient ensemble de la frontière turque. et de Ibrahim, chef du diocèse de l’Eglise syriaque orthodoxe d’Alep.

Aucune revendication n'a été formulée pour cet enlèvement, mais des sources au sein de l'Eglise grecque orthodoxe, de même que le régime syrien, ont affirmé que les ravisseurs étaient des « djihadistes tchétchènes ».


« Ce sont nos amis, c'est donc une grande douleur »


L’Eglise catholique ne cesse appeler à la paix en Syrie. Mercredi dernier, le pape François exigeait qu' « une solution soit trouvée au plus vite à la crise », demandant la libération des deux prélats chrétiens.

Dans un entretien accordé à Radio Vatican, le secrétaire du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens se montre préoccupé : « Ces derniers jours, nous avons été attristés, énormément, par le rapt des deux métropolites, des personnes connues et estimées. Ce sont nos amis, explique Monseigneur Brian Farrell. « Tous deux sont venus à plusieurs reprises au Vatican. Nous les connaissons bien. C’est donc une grande douleur, mais aussi le symbole de la souffrance endurée par des milliers de chrétiens dans cette zone ».

Et s’il y avait un message à délivrer aux auteurs de cet enlèvement, Mgr Farrell rappelle que ces deux prélats n’ont rien fait d’autre que de parler de paix, d’amour de justice. « Ils n’appellent jamais à la violence ou à la division entre les partis ». Ce sont des personnes, poursuit le secrétaire du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, qui ont travaillé pendant des années afin d’améliorer les rapports non seulement entre chrétiens, mais aussi avec leurs voisins musulmans. Ainsi, ce sont deux personnes à respecter absolument. « Nous espérons qu’elles seront respectées et libérées au plus vite », conclue-t-il.


Patriarche Cyrille : « cet acte démontre les objectifs de ceux qui ont provoqué le conflit »


Le chef de l'Eglise orthodoxe russe, le patriarche Cyrille a exprimé dans un message à Mar Zakka Iwas, le patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche, sa profonde affliction. « Une fois de plus, nous sommes témoins d’actions inhumaines et cyniques, commises par ceux que certains médias tentent de présenter dans le rôle de défenseurs de la liberté et de la démocratie. Cet acte atroce démontre de façon éloquente les véritables objectifs de ceux qui ont provoqué un conflit sanglant en Syrie. Notre Eglise prie pour la santé et la prompte libération des hiérarques enlevés. A cette heure, nous partageons la souffrance et l’affliction de tous les chrétiens syriens », écrit le primat de l’Eglise russe qui a lancé un appel au président de la Fédération de Russie, au président des Etats-Unis, au secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies et au Premier ministre turc, soutien des rebelles, leur demandant de tout mettre en œuvre pour obtenir la prompte libération des prélats syriens.


La communauté internationale appelée à réagir


Jeudi soir, le vice-ministre russe des Affaires étrangères a estimé, depuis Beyrouth, que cet enlèvement était un « grand crime ». A l'issue d'une rencontre avec des associations orthodoxes au Liban, Mikhail Bogdanov a estimé quil s’agissait d’une « question qui concerne tout le monde en Syrie, notamment la société, le pouvoir et évidemment l'Eglise ». Le haut fonctionnaire du Kremlin, allié fidèle du régime de Bachar Al Assad, a enfin garantit que son pays participait aux efforts pour leur libération. « Nous, Etat russe, aux côtés de l'Eglise orthodoxe, mènerons tous les efforts nécessaires pour permettre la libération des otages en Syrie et pour résoudre la crise dans ce pays ».


Lors d’un point presse organisé jeudi soir, le porte-parole du Quai d’Orsay a fait savoir que « la France condamne fermement » l'enlèvement, qui constitue « une grave violation des droits de l'homme ». Paris appelle à leur libération « immédiate et exprime sa solidarité aux communautés chrétiennes qui doivent pouvoir vivre en paix dans une Syrie respectueuse de toutes ses composantes », a déclaré Philippe Lalliot.

Des veillées quotidiennes de prières à Alep

Selon les organisations de défenses des droits de l’homme, les chrétiens, qui constituent environ 5% de la population syrienne, sont particulièrement vulnérables dans le contexte d'anarchie favorisé par le conflit qui ensanglante le pays depuis mars 2011.

Depuis plusieurs jours, dans toutes les églises d'Alep, les fidèles catholiques et orthodoxes participent à des veillées de prières et à des messes pour obtenir la libération des deux prélats. Selon Mgr Jean-Clément Jeanbart, l’archevêque grec-catholique melkite d'Alep interrogé par AsiaNews, plus d'un millier de fidèles participent chaque après-midi à ces moments de prières.

Pour la première fois deux évêques sont enlevés en Syrie, mais ce n’est pas la première fois que des chrétiens le sont, parfois par dizaines. Les prises d’otage semblent de plus en plus récurrentes et visent en général les membres des minorités, dont les Alaouites, minorité chiite à laquelle appartient le clan de Bachar el Assad.

(avec agences)


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