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     Accueil > Politique  > dernière mise à jour: 2013-08-17 19:22:41
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Comment appréhender la crise égyptienne ?



Etat d'urgence et un couvre-feu n'y font rien. L'Egypte est devenu "un véritable champ de bataille" selon l'Agence France Presse où s'affrontent les pro-Morsi et les forces de l'ordre, obéissant au pouvoir installé par l'armée qui a destitué Mohamed Morsi le 3 juillet dernier.

Après l’offensive meurtrière de l’armée mercredi contre les deux sit-ins des pro-Morsi au Caire et les manifestations vendredi des islamistes qui avaient appelé à un « jour de colère », l’atmosphère est encore électrique ce samedi. La police a lancé à la mi-journée un assaut sur la mosquée Al-Fath dans le centre de la capitale où étaient retranchés des islamistes et qu'elle assiégeait depuis vendredi soir. Echange de tirs, passage à tabac. Au quatrième jour de heurts, il y aurait plus de 750 morts en Egypte.


Pas de réconcialiation avec ceux qui ont du sang sur les mains


Les autorités égyptiennes ont assuré samedi que les membres des Frères musulmans, la confrérie du président déchu Mohamed Morsi, n'ayant pas commis de violences pourraient participer à la transition dans le pays. De son côté, le Premier ministre Hazem Beblawi a assuré qu'il n'y aurait "pas de réconciliation avec ceux qui ont du sang sur les mains et ont violé la loi", alors que les autorités multiplient les accusations de "terrorisme" à l'encontre des Frères musulmans.

Les coptes ont également été la cible de nombreuses attaques, du Delta à la Haute Egypte, puisque des dizaines d’églises ainsi que des commerces appartenant à des chrétiens ont été brûlés. La communauté chrétienne vit dans la crainte de nouvelles agressions et les appels à la protéger se multiplient, comme deux hauts responsables de l'ONU qui ont mis en garde jeudi contre le risque de représailles.


La nation égyptienne menacée


Il serait faux pour autant de voir dans la crise égyptienne, une dimension interreligieuse. C’est ce qu’explique Mgr Youhanna Golta. Selon l'évêque auxiliaire d'Alexandrie des coptes catholiques, l’Egypte a été menacée dans son intégrité même par la politique des frères musulmans, servant par là des intérêts étrangers, américains en tête. Aujourd’hui le peuple égyptien se soulève pour refuser la mainmise islamiste. Et ces derniers, aculés, tentent se semer le chaos. Malgré les évènements sombres que traverse actuellement le pays, Mgr Golta se veut optimiste et refuse le catastrophisme occidental. Il est temps de changer le regard sur son pays.


Mgr Golta lance à la fois un vigoureux plaidoyer pour l’unité dans son pays et un réquisitoire implacable contre la communauté internationale. Il est interrogé par Olivier Bonnel RealAudioMP3


Par ailleurs, le bras de fer qui se joue en Egypte a eu des répercussions à l'étranger. En Libye, le consulat d'Égypte à Benghazi a été visé par une attaque à l'explosif sans faire de victime.

A Nazareth, 4.000 Arabes israéliens ont manifesté leur soutien au président égyptien Mohamed Morsi renversé par l'armée. Vendredi, de précédentes manifestations pro-Morsi dans la Vieille ville de Jérusalem, ainsi qu'à Hebron en Cisjordanie avaient rassemblé essentiellement des partisans du mouvement islamiste palestinien Hamas, issu comme Mohamed Morsi des Frères musulmans.

En Turquie, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Istanbul et Konya dans la centre à l'appel d'organisations pro-islamistes en faveur du président déchu, conspuant les "massacres" du régime militaire. La Turquie a durci très fortement le ton envers l'Egypte, rappelant son ambassadeur au Caire après la répression sanglante des Frères musulmans mercredi.

(avec AFP)


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