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     Accueil > Politique  > dernière mise à jour: 2013-09-04 09:55:09
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France et Allemagne côte à côte à Oradour-sur-Glane



Le 10 juin 1944, un détachement du 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer de la Panzerdivision Das Reich de la Waffen SS massacra la population civile du village d’Oradour-sur-Glane, commune rurale du département de la Haute-Vienne, au cœur du Limousin, au centre de la France. 642 personnes furent tuées, dont 205 enfants. Cet événement, survenu quelques jours après le débarquement allié sur les plages de Normandie, a profondément marqué les mémoires en France.

Soixante-neuf ans après les faits, François Hollande et Joachim Gauck, les présidents français et allemand, se rendent côte à côte dans le village martyr ce mercredi 4 septembre, pour un rendez-vous historique. Aucun chef d'État de la République fédérale allemande n'avait jusqu'à présent rendu hommage aux victimes de ce petit village limousin sur les lieux du massacre.

La date du rendez-vous est également chargée en symboles. Le 3 septembre a marqué le 74e anniversaire de la déclaration de guerre de la France et de la Grande-Bretagne à l'Allemagne en 1939. 2013 célèbre par ailleurs les 50 ans du traité d'amitié franco-allemand, dit traité de l'Élysée, signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.

Oradour-sur-Glane est le plus grand massacre de civils commis en France par des troupes nazies. « C'est un moment très fort que va vivre notre commune. Cela est aussi important que la poignée de main de Mitterrand à Kohl à Verdun », avait souligné le maire du village, Raymond Frugier. Henri Ménudier, professeur à l’Université Paris III, spécialiste de l’histoire allemande, revient avec Thomas Chabolle sur cette page d’histoire RealAudioMP3

« Oradour est le symbole de la barbarie allemande pendant la Seconde guerre mondiale ». Ces SS ont tué « de sang-froid 642 personnes, des enfants, des femmes, des hommes et des vieillards ; Oradour était un village paisible, il n’y avait pas de résistants » explique l’historien.

69 ans après, la France attend que « l’Allemagne assume cette responsabilité sur le plan moral, qu’au niveau officiel cette prise en charge soit assumée », considère Raymond Frugier. Cela est d’autant plus nécessaire que l’on assiste, des deux côtés du Rhin, à un changement de générations de dirigeants comme Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy qui n’ont pas connu la guerre.

Changement de générations

Du côté allemand, cette cérémonie « sera bien perçue » selon le spécialiste de l’histoire allemande. « On ne peut pas faire de procès d’intention à Gauck dans la mesure où il est un ancien pasteur, qu’il n’a pas été enrôlé dans l’armée, que sa famille était plutôt antinazie et surtout, son père, dans l’Allemagne communiste, était un anticommuniste connu. Ensuite, Joachim Gauck, comme pasteur, a ouvertement combattu le régime en restant juste à la limite lui permettant de ne pas être arrêté », considère Henri Ménudier.

Du côté français, il pourrait y avoir des crispations chez les communistes. « Pendant de nombreuses années, la municipalité d’Oradour-sur-Glane a longtemps été dominée par les communistes. En 1953, il y a eu le procès de Bordeaux ; c’est-à-dire que les soldats de la SS qui avaient participé au massacre d’Oradour et qui avaient été arrêtés pour certains d’entre eux, ont été jugés par un tribunal militaire. Ce procès a très mal tourné et quelques Allemands qui avaient été condamnés ont été très vite relâchés. La municipalité communiste d’Oradour-sur-Glane a très mal vécu ce procès qui avot provoqué une véritable coupure entre et la municipalité d’Oradour et l’Etat français. Ce n’est qu’à partir des années 1980, avec François Mitterrand que les relations entre Oradeur et les représentants de l’Etat se sont normalisées », précise l’historien .

Cette visite historique devrait durer deux heures. Les deux présidents rencontreront les familles des 642 victimes et s’entretiendront avec deux survivants du massacre présents à ces cérémonies.


Photo : l'église d'Oradour-sur-Glane, dans laquelle quelque 500 femmes et enfants furent brûlés vifs par les SS


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