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     Accueil > Culture et Société  > dernière mise à jour: 2013-12-06 08:28:17
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Nelson Mandela : mort d'un symbole



(RV) Entretien - L'Afrique du Sud et le monde entier ont commencé vendredi à rendre hommage à Nelson Mandela, héros de la lutte contre l'apartheid et premier président noir de l'Afrique du Sud démocratique, mort jeudi soir à l'âge de 95 ans.

« Notre bien-aimé Nelson Mandela, le président fondateur de notre nation démocratique, nous a quittés. Il est décédé en paix entouré de sa famille aux environs de 20H50 (...) Notre nation a perdu son plus grand fils », a déclaré le président Zuma lors d'une intervention en direct à la télévision.

La date des funérailles n'a pas été annoncée, mais le corps de Nelson Mandela a été transféré dans un hôpital militaire de Prétoria, selon la radio publique sud-africaine SABC.
Dès l'annonce du décès de celui que le monde entier vénérait comme une incarnation de la réconciliation raciale, des centaines de personnes de toutes origines ont commencé à se rassembler près de la maison de Mandela, à Johannesburg.

Hommage unanime

Les leaders politiques, qui se presseront bientôt aux funérailles de l'ancien président, ont rendu un hommage unanime à « Madiba » (le nom de clan de Mandela), insistant sur les qualités humaines de celui qui, après 27 ans passés dans les geôles de l'apartheid, en était ressorti sans rancune.

« Nous avons perdu l'un des hommes les plus influents, les plus courageux, et l'un des êtres humains les plus profondément bons (...) sur cette Terre », a déclaré un autre premier président noir, Barack Obama, qui a fait mettre les drapeaux en berne aux Etats-Unis. « Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l'Afrique du Sud et nous a tous émus », a-t-il souligné depuis la Maison Blanche.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a salué une « source d'inspiration » pour le monde, a également insisté sur la dignité et l'humilité de Nelson Mandela. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont exprimé « leur profonde admiration pour les qualités morales et politiques exceptionnelles » de Nelson Mandela, qui « restera à tout jamais dans les mémoires comme une personne qui a sacrifié une grande partie de sa vie (...) pour que des millions d'autres puissent avoir un avenir meilleur ».

Autre hommage, celui du Premier ministre britannique David Cameron, qui, en 2006, avait demandé pardon pour les « erreurs » de son parti à l'époque de l'apartheid. « Une grande lumière s'est éteinte », a-t-il déclaré, saluant « une légende dans la vie, et maintenant dans la mort ».
En Asie, le président chinois Xi Jinping a salué les « extraordinaires contributions qu'il a apportées au développement de l'humanité », tandis que le Premier ministre indien Manmohan Singh l'a qualifié de «vrai Gandhien», en référence au mahatmah Gandhi. (AFP)

Retour sur l’icône de la lutte anti-apartheid et sur son parcours politique avec Jean Guiloineau, écrivain, et biographe de Nelson Mandela. Il a également traduit ses Mémoires, Un long chemin vers la liberté : RealAudioMP3

Sa carrière politique commence vraiment quand il arrive à Johannesburg et qu’il rencontre un homme qui sera son compagnon de détention, Walter Sisulu, qui est un peu plus âgé que lui : on est en 1942-1943. Et lui et un certain nombre d’hommes qui sont autour, ces gens-là vont former un groupe, ils vont pénétrer dans l’ANC et ils vont créer un mouvement qu’ils appellent « La ligue de la jeunesse de l’ANC ». C’est un peu comme un cheval de Troie à l’intérieur de l’ANC et en quelques années, ils vont prendre le pouvoir. Et l’apartheid va radicaliser le combat. C’est dans ces années-là, 1948-1960 que Mandela va petit à petit prendre un rôle de plus en plus important à l’intérieur de l’ANC. Sa carrière politique de militant va prendre en quelque sorte , une dimension nationale en Afrique du Sud.

En 1962, Nelson Mandela est arrêté et libéré en 1990. Quatre ans plus tard, il sera élu à la tête du pays. Une nouvelle Afrique du Sud peut naître, sans esprit de vengeance.
En fait, il y avait une peur extraordinaire en Afrique du Sud et même au-delà, tout à coup, de la vengeance et que ca se termine, comme si souvent cela se passe dans le monde, par une espèce de guerre civile monstrueuse où l’on se serait entretué. Et évidemment, les cinq millions de blancs devant les 30 millions de noirs, ça aurait pu être un massacre invraisemblable…après trois siècles de colonisation et 50 ans d’apartheid. Mandela est l’homme qui a permis à l’Afrique du Sud, sur le plan politique, de sortir de cette situation par un système démocratique. Et ça, c’est tout à fait exceptionnel.

Comment définiriez-vous la personnalité de Nelson Mandela ?
C’est un homme qui a des attitudes extrêmement étonnantes. Quand il était en prison, il a appris l’afrikaans, qui est la langue des afrikaners, c’est-à-dire la langue des ennemis en quelques sortes. Et il a lu la littérature des blancs et en particulier, parce qu’il considérait que pour discuter avec son ennemi, il faut le connaître. Et pour le connaître, il faut rentrer dans son univers culturel, linguistique, etc. … Et ça, c’est une attitude tout à fait exceptionnelle, de toujours trouver la solution positive qui respecte l’adversaire tout en restant extrêmement ferme sur ses positions ….c’est ce double aspect.

Autre trait saillant de son caractère, sa capacité à défendre ses idées. Il les a toujours fait passer avant ses intérêts personnels.
Mandela n’a pas eu de vie personnelle. Winnie Mandela, dans ses mémoires, elle dit « la vie avec lui, c’était la vie sans lui », c’est-à-dire que son rôle politique et historique, tout d’un coup, est devenu la seule dimension de son existence personnelle. Et pour moi, c’est un des très rares exemples de personnages historiques à qui on n’a pas grand-chose à reprocher.

Incarcéré, il a d’ailleurs refusé à plusieurs reprises une libération qu’on lui proposait s’il renonçait à son combat.
Absolument. Et d’ailleurs, on lui demandait quoi ? D’abandonner la lutte armée, la lutte politique et d’aller s’installer dans le Transkei, c’est-à-dire de reconnaître le système d’apartheid par ce biais. On lui a proposé de sortir plusieurs fois de prison. Ça les aurait bien arrangé qu’il abandonne la lutte mais il n’a pas abandonné.


Photo : Fleurs, bougies et photos déposées par de nombreux Sud-Africains devant la maison de Nelson Mandela


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