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     Accueil > Eglise > dernière mise à jour: 2014-01-10 17:37:55
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Tour de France, pour vaincre le handicap



(RV) Entretien - 3.000 kilomètres. C’est ce qu’ont parcouru dans les 169 jours impartis, les participants du Tour de France de l’OCH, la fondation au service des personnes handicapées. L’évènement qui s’est déroulé du 28 avril au 13 octobre, avait été spécialement organisé pour les 50 ans de la fondation.

Cette aventure exceptionnelle devait notamment permettre de créer ou renforcer des liens entre les personnes handicapées et les personnes valides. Pari réussi !! comme l’explique Cyril Douillet. Il est le rédacteur en chef d’Ombres et lumières, la revue chrétienne des personnes handicapées, de leurs familles et leurs amis publiée par l’OCH. Interrogé par Audrey Radondy RealAudioMP3

Ça pouvait passer pour un pari un peu fou, ces 3000km avec des personnes fragiles, avec peu de moyen parce qu’à l’OCH, on est une petite équipe de 20 personnes. Et je dois dire que ça a été un vrai succès. D’abord, parce qu’au niveau de l’organisation, nous avons pu déléguer à l’organisation des étapes locales à des centaines de bénévoles à travers la France qui ont accepté d’organiser un tronçon, d’accueillir chez eux le soir les équipages, de donner un coup de main sur tel ou tel aspect. Donc, il y a eu vraiment un élan de générosité incroyable qui nous déjà permis d’aller au bout de ce projet, les 3000km accomplis jusqu’à Paris. Et il reste après la deuxième surprise, c’est vraiment l’ambiance qu’il y a pu y avoir dans ce projet : l’alchimie entre les gens qui ne se connaissaient pas mais qui étaient réunis autour de la fragilité. L’alchimie a fonctionnée, on a pu voir des gens marcher ensemble avec, pour certains, un lourd handicap, d’autres, de l’énergie à donner, des gens de tous les âges, des chrétiens mais aussi des gens plus éloignés de la foi. Marcher ensemble, c’est se mettre en route au rythme de la personne handicapée, c’est ça qui est très important. Pour une fois, ce tour de France n’a pas été dans l’esprit de compétition mais vraiment dans l’esprit de marcher ensemble au rythme du plus fragile. Et on constate que ça fait des étincelles, ça fait du bien et il y a de la joie.

Qu’est-ce que ce tour de France a apporté aux personnes handicapées ? Qu’est-ce qu’elles auront retenues ?
Pour beaucoup de personnes, c’est d’abord un moment d’exception, c’est-à-dire que pour beaucoup, c’était une sortie dans leur quotidien. C’était une rupture, une façon de changer d’air. Je pense à André que j’ai rencontré à l’occasion d’une étape à Marseille. André est atteint d’une sclérose en plaque,il bouge assez peu, il est en fauteuil roulant . Il circule dans son village mais pas plus loin. Et avec lui, nous avons fait pendant trois jours un bout d’étapes qui lui ont permis de découvrir complètement la région dans laquelle il habite. Il n’avait jamais vu ce point de vue. Donc, simplement au niveau de ces personnes, le plaisir et le bonheur de faire une randonnée, de voir un peu du pays, ce à quoi elles n’ont pas forcément accès. Ensuite, le plus important se situe au niveau des relations. Ce tour de France a permis à ces personnes qui sont parfois isolées de pouvoir créer du lien, de se faire de nouveaux amis. Alors, il est vrai que les liens ne vont pas forcément perdurer au-delà du tour de France, mais il y a quand même quelque chose qui s’est passé. Beaucoup de gens nous ont dit après : « Quand est-ce qu’on va pouvoir se revoir ? ». Et le tour de France s’est achevé à Notre-Dame de Paris le 13 octobre. Nous avions invité tous les participants : on était 3000. Et beaucoup étaient simplement revenus parce qu’ils voulaient retrouver les amis qu’ils s’étaient créés pendant cette aventure. Donc, je crois vraiment que le grand cadeau de cette initiative, et qu’on pouvait pas forcément prévoir à l’avance, c’est ce mystère de la rencontre qui s’est passée et qui change les cœurs.

Est-ce que ces personnes sont le miroir de nos fragilités, de celles de la société ?
Avec une personne handicapée, on fait souvent l’expérience d’une plus grande simplicité, c’est-à-dire que la personne avec un handicap, elle n’a pas choisie son handicap, souvent elle le donne à voir aux autres. Elle ne peut que l’assumer. Parfois, pour tout le monde, il est difficile d’assumer ses fragilités, ses difficultés. Donc, on se cache plus au moins, pour paraître bien, pour paraître performant sur tous les plans. Et je crois qu’avec les personnes handicapées, il y a quelque chose qui tombe. La personne handicapée nous invite un petit peu à faire la vérité sur nous-mêmes, à être plus simple, à accueillir notre propre fragilité. Alors, ça peut être tout un chemin, ce n’est pas des grands mots. Parfois, ça prend du temps. Mais parce que cette personne avec un handicap a su elle-même accueillir sa propre fragilité, elle nous guide sur ce chemin qui est un chemin d’humanité.


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