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     Accueil > Eglise > dernière mise à jour: 2014-03-05 18:57:31
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Nos jeans sont au prix de la vie d'ouvrières bangladaises



(RV) Entretien - En Suisse, la campagne de Carême des organisations Action de Carême, Pain pour le Prochain et Étre partenaires débute le mercredi des Cendres. Son thème : « Les semences d’aujourd’hui sont le pain de demain ». Une campagne dédiée à l’économie durable, pour s’interroger sur l’héritage laissé à nos enfants et petits-enfants.

Et s’il y a bien un vêtement qui traverse les générations c’est bien le jeans. Ce dernier a été choisi pour illustrer l’affiche de la campagne. Un choix pour sensibiliser particulièrement les chrétiens de Suisse aux conditions de travail des ouvrières et ouvriers du textile chargés de sa fabrication. Et notamment ceux des usines du Bangladesh. Ce pays a justement fait plusieurs fois la Une des journaux l’année dernière après plusieurs catastrophes. Des catastrophes qui ont blessé ou tué de nombreux travailleurs entassés dans ses usines.

Christelle Devanthéry est responsable du département formation à Action de Carême et porte-parole pour la Suisse francophone. Elle revient sur la situation dramatique vécue par les ouvriers du textile et les actions menées par la campagne de Carême pour aider à améliorer leurs conditions de travail. Elle est interrogée par Audrey Radondy : RealAudioMP3

Quelles sont les conditions de travail pour ces ouvriers au Bangladesh ?
On peut déjà parler d’ouvrières, car 80% des ouvriers du textile sont des femmes. Elles n’ont pas de contrat de travail donc elles peuvent être licenciées n’importe comment. Lorsqu’il s’agit de défendre leur droit, de répondre aux agressions sexuelles, elles ne peuvent pas le faire car elles ne sont pas protégées par un contrat. Le salaire permet de couvrir seulement 12% des dépenses normales d’une famille. Un autre problème sont les heures supplémentaires, ces femmes travaillent de douze à quatorze heures par jour, et ces heures supplémentaires ne sont pas payées. Et ceci est dû en majorité au fait que les commandes des entreprises de la grande distribution sont faites à la dernière minute avec des volumes qui sont imprévisibles et la pression retombe sur les ouvriers. Et puis une autre chose qui a touché le grand public, c’est l’effondrement d’un bâtiment du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013, où 1100 personnes ont perdu la vie. Ces ouvrières ont fait les frais de conditions sanitaires et de sécurité catastrophiques, où on voit finalement que le prix de l’humain dans cette chaîne de production est très faible. Donc nos vêtements sont produits au prix des conditions de vie pour ces ouvrières qui sont très préoccupantes. Je pense donc que cela vaut la peine de se mobiliser ici pour qu’il y ait une amélioration là-bas.

Et justement qu’avez-vous prévu dans le cadre de cette Campagne de Carême 2014 ?
De mettre en avant une initiative multipartite : la « Fair Wear Foundation ». C’est un comité qui est formé autant d’entreprises privées que de syndicats ou d’ONG, avec un poids égal dans les décisions. Et qui accompagne les entreprises qui veulent améliorer leurs conditions de travail dans leur chaîne d’approvisionnement. Donc les entreprises s’engagent à respecter huit standards : ne pas faire travailler les enfants, une liberté de s’associer pour défendre ses droits, des contrats de travail, la limitation des heures supplémentaires ou encore un salaire minimal.
Et très concrètement, on incite les citoyens à signer une pétition qui demande à la compagnie de transport national suisse d’adhérer à la « Fair Wear Foundation ». Par ailleurs, on propose à tout un chacun de s’engager pour avoir une attitude plus responsable dans sa consommation, c’est-à-dire de réfléchir au moment où on achète un vêtement de s’interroger sur le chemin qu’il a parcouru, est-ce qu’il y a un label qui garantit les conditions de travail ? L’idée c’est d’inciter à la fois à une action citoyenne et à une action individuelle de consommateur pour avoir un comportement qui respecte les valeurs de base, que tout un chacun devrait porter.

Et en avez-vous parlé avec les chrétiens suisses que vous cherchez à sensibiliser sur ce sujet ?
Nous organisons des soirées de soupe de Carême où l'on présente l’initiative de la « Fair Wear Foundation », on explique aussi le parcours d’un jeans. Nous avons aussi des groupes de jeûneurs qui s’associent à notre démarche en montrant que la consommation peut avoir une certaine mesure. Et par ailleurs, plusieurs questions nous ont été fréquemment posées : est-ce qu’on pourrait observer aussi une chaîne de production pour les habits liturgiques ? Est-ce qu’il y a des conditions dignes sur ces chaînes de production ? Et finalement on a été très interpelé en se disant, c’est vrai que si l'on imagine au niveau mondial le volume que représente les habits liturgiques, cela pourrait être aussi un beau combat de se demander si la production de ces habits liturgiques respecte les conditions des femmes dans les pays producteurs.



Photo : des Bangladais tendent les photos des femmes disparues dans l'effondrement du bâtiment du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013


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