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     Accueil > Charité et Solidarité  > dernière mise à jour: 2014-03-14 18:35:15
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Syrie, 3 ans après : « nous sommes des réfugiés à l’intérieur de nos maisons »



(RV) Témoignage - Il y trois ans débutait la guerre civile en Syrie. Depuis près de 140 000 personnes ont été tuées, plus de 2 millions sont réfugiées hors des frontières du pays et ceux qui ont choisi de rester font face à des attaques quotidiennes. A quelques jours de cet anniversaire dramatique, les évêques catholiques de Syrie se sont réunis au Liban, à cause de la difficulté de circuler à l'intérieur de la Syrie. Ils ont notamment discuté des initiatives mises en place par la Caritas pour prendre en compte les souffrances et les tragédies subies par le peuple syrien.

Et parmi les membres de l’assemblée il y avait Monseigneur Boutros Marayati. L’archevêque arménien catholique d’Alep revient sur les différents points qu’ils ont abordés, comme l’aide dont ont besoin les fidèles qui sont restés dans le pays. Il est interrogé par Audrey Radondy : RealAudioMP3


Vous avez affirmé dans cette déclaration que vous êtes solidaires de votre « pays bien aimé, la Syrie, peuple et gouvernement ». Est-ce que vous faites référence à ce gouvernement ?
S’il y a un peuple, il y a toujours un gouvernement. Nous n’avons pas dit « ce gouvernement », nous avons dit que la Syrie doit être gouvernée. Quel que soit le gouvernement qui arrive, la Syrie doit être gouvernée. Alors, ce n’est pas seulement un peuple qui n’a pas de tête mais un peuple avec des institutions. Et c’est le dialogue qui se fait à Genève, où nous cherchons une issue, pour trouver une méthode ou quelque chose pour reconstruire avec un gouvernement. Et ce gouvernement peut être un gouvernement de passage à condition que le terrorisme s’arrête. Ce que nous avons le plus demandé c’est un cessez-le-feu. Sans cessez-le-feu, rien ne vaut plus.

Au-delà de cette déclaration, quels ont été les points abordés lors de cette rencontre ?
On a discuté tous ensemble sur la façon dont on peut travailler avec Caritas et les autres organisations internationales de bienfaisance. Et comment aider nos fidèles, surtout ceux qui sont restés sur place afin dqu'ils puissent vivre dignement. Il n’y a pas seulement des réfugiés qui ont quitté le pays et qui vivent sous les tentes mais il y aussi les réfugiés chrétiens sont maintenant réfugiés dans leurs maisons. Nos fidèles qui restent à Alep sont des réfugiés car ils sont sans électricité, sans eau, sans nourriture, dans le froid. Nous, nous sentons que nous sommes vraiment des réfugiés à l’intérieur de nos maisons. Ces citoyens ont besoin maintenant d’une aide spéciale, surtout que les médicaments, les médecins et les hôpitaux manquent. Ce ne sont pas seulement les réfugiés qui ont quitté le pays mais les gens qui restent et nous voulons qu’ils restent. C’est pourquoi nous avons voulu que cette déclaration soit un appel d’espérance pour garder ce petit troupeau qui reste encore.

Quelles sont donc les initiatives pour aider le peuple syrien ?
Comme chrétiens et comme Église, nous avons nos petites sociétés de bienfaisance, nos jeunes, nos organisations et nous essayons avec l’aide de Caritas d'aider nos fidèles. Nous avons organisé de l’aide sur quatre niveaux. D’abord pour ce qui est de la nourriture, il y a chaque jour un repas chaud qui est distribué dans les Églises. Le deuxième ce sont les écoles, il faut payer des professeurs et il faut aussi un peu d’aide sur ce niveau d’instruction. Le troisième point, c’est tout ce qui est hôpitaux, opérations, ça devient très cher de trouver des médicaments, des hôpitaux. Nous aidons aussi des malades ou ceux qui ont été touchés par des bombes ou autre chose. Le quatrième point, c’est d’aider les gens à reconstruire leurs maisons si elles ont été touchées par des obus. C’est sur ces niveaux que nous avons organisé des collectes de don pour les distribuer, selon des critères, aux plus démunis.

Cela fait aujourd’hui trois ans que le conflit en Syrie a commencé. Si vous deviez lancer un appel ?
Ça fait trois ans en Syrie mais ça fait deux ans à Alep et malheureusement elle a été l'une des villes les plus touchées. Notre appel c’est toujours de dire à ceux qui sont des ennemis que ça ne sert à rien et que tous nous allons sortir perdants, personne ne va gagner. Alors, pourquoi continuer à détruire un pays ? Il faut bien s’arrêter, dialoguer et trouver une issue pour reprendre une vie et recommencer à reconstruire ce pays pour un avenir meilleur pour nos enfants.



Photo : des réfugiés syriens dans le camp de Bab Al-Salam à Azaz, à 50km de la ville syrienne Alep



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