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     Accueil > Sciences et Ethique  > dernière mise à jour: 2014-06-24 19:49:29
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Affaire Vincent Lambert : la décision du Conseil d'État suspendue par la CEDH



(RV) Entretien - C’était une décision très attendue en France, Vincent Lambert tétraplégique en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, ne sera plus maintenu en vie. Le Conseil d'Etat a tranché mardi. Une décision de la plus haute juridiction française aussitôt suspendue par la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans la soirée, qui avait été saisie en urgence par les parents de Vincent Lambert. Le cas de Vincent Lambert sera examiné sur le fond et la suspension durera le temps de la procédure de la CEDH, soit plusieurs mois. Pour le moment donc, rien ne change concernant le traitement de Vincent Lambert.

Depuis plusieurs années, cet ancien infirmier de 38 ans est au cœur d’un véritable drame familial : ses parents souhaitant qu'il soit maintenu en vie, son épouse, son neveu et le corps médical réclamant eux l'arrêt des soins, en raison du caractère irréversible des lésions et considérant que cela respectait sa volonté.
Vendredi dernier le rapporteur public, Rémi Keller, avait préconisé un arrêt des soins.

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean, Secrétaire Général de la Commission Ethique & Politique du Diocèse de Versailles, réagit à cette décision de justice. Il est interrogé par Jean-Baptiste Cocagne : RealAudioMP3

C’est une décision très grave qui a été prise pour la première fois depuis longtemps en France. Une juridiction a donc décidé la mort d’un homme car il faut être honnête et au moins respecter la vérité des mots. D’ailleurs, l’arrêt des soins, c’est bien la mort d’un homme qui a été décidée. Cette décision est aussi extrêmement lourde puisqu’il y a 1.500 patients en France qui sont dans la même situation que Vincent Lambert. Et la décision du Conseil d’État pèsera évidemment lourd sur leur devenir. Ensuite, cette décision repose vraiment la question de la fin de vie. Il faut rappeler que Vincent Lambert n’était pas en fin de vie et qu’il pouvait continuer à vivre. Il respirait par lui-même, etc. Simplement, étant tétraplégique, il ne pouvait pas s’hydrater et s’alimenter par lui-même. Est-ce que cette alimentation, cette hydratation est considéré comme un traitement abusif et disproportionné ou comme simplement un soin dû à toute personne ? Le Conseil d’État a tranché en disant que c’était de l’acharnement thérapeutique, donc un traitement disproportionné. C’est un cas, une situation douloureuse, délicate et compliquée. J’imagine que les juges ont pris leur décision en conscience et sans légèreté. Mais je crois que cette décision est très grave parce que ce n’est rien de moins que la mort d’un homme qui a été décidée.

Il y a un vrai risque de jurisprudence, sachant que le Conseil d’État est la plus haute juridiction en France ?
Bien sûr et plusieurs associations de malades ont exprimé le risque que ce jugement-là fasse loi en quelques sortes. Il y a là quelque chose d’absolument bouleversant et je dirais même, quelque soit la position de chacun, qu’une juridiction humaine puisse décider si la vie d’un homme vaut la peine d’être vécue.

Dans les termes précis, le Conseil d’État parle d’une obstination déraisonnable pour le maintien en vie de Vincent Lambert.
C’est là où il y a un vrai désaccord de fond. C’est que Vincent Lambert n’a pas de traitement qui le maintienne en vie. On parle là simplement et uniquement de l’alimentation et de l’hydratation. Beaucoup d’autres personnes lourdement handicapées ne peuvent pas s’alimenter par elles-mêmes. Beaucoup disaient que l’alimentation et l’hydratation ne peuvent pas être considérées comme des traitements disproportionnés relevant de l’acharnement thérapeutique. Vincent Lambert n’était pas en fin de vie. Vincent Lambert est lourdement handicapé. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est étonnant de réclamer dans ce cas l’application de la loi Leonetti qui a été faite pour la fin de vie. Le doute doit bénéficier à la vie. Vincent Lambert n’a pas exprimé le désir de mourir. Faire dépendre la valeur d’une vie de sa capacité de relation, c’est condamner beaucoup de personnes.



Photo : le président du Conseil d'État Jean-Marc Sauve


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