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     Accueil > Eglise > dernière mise à jour: 2014-07-05 15:04:22
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En Molise, François rend hommage à Célestin V, le premier pape « renonciateur »



(RV) Le Pape François était ce samedi dans le Molise. Cette journée était jalonnée par de nombreuses rencontres, réparties entre les principales villes de cette région italienne, Campobasso et Isernia. C’est dans cette dernière que le pape a achevé sa visite, lors d’un moment fort partagé avec les habitants sur la place de la Cathédrale Saint-Pierre : le lancement de l’année jubilaire célestine. Car c’est précisément le 5 juillet 1294 que fut élu pape un natif d’Isernia, célèbre pour sa sainteté, et plus encore pour son geste qui, dit-on, aurait inspiré Benoît XVI : Célestin V, le premier pape de l’Eglise catholique ayant renoncé à sa charge.

Fra’ Pietro da Morrone, un ermite devenu pape

Le parcours du futur Célestin V n’a rien de commun avec celui de Benoît XVI, et pourtant le « sentier » pontifical emprunté par les deux hommes les mèneront chacun à la renonciation.

Né vers 1210 dans une famille de pieux et modestes paysans de l’actuel Molise, Pietro da Morrone revêt l’habit bénédictin à l’âge de vingt ans. Après son ordination à Rome en 1241, le jeune prêtre retourne dans ses montagnes natales, les Abruzzes. C’est ici, dans une grotte du Monte Morrone (dont il prend le nom), qu’il commence une vie d’ermite. Ce choix le conduit à fonder une congrégation d’ermites, et fait déjà grandir, de son vivant, sa réputation de sainteté.
Pendant près de cinquante ans, fra’ Pietro mène une vie de solitude et d’ascèse, loin des conflits et autres jeux de pouvoir qui opposent souverains étrangers et familles princières, notamment à propos du trône de Saint Pierre. Le XIIIe siècle est, rappelons-le, celui de Saint Louis puis Philippe Le Bel, celui des Guelfes et des Gibelins.

Même les cardinaux, réunis en conclave à partir de 1292, n’arrivent pas à s’entendre sur le nom du nouveau pape. La charge reste vacante deux ans. Ils finissent par aller chercher le Pape, non pas « au bout du monde », mais au fond d’une cellule monastique où vit un vieillard que l’on dit saint : Pietro da Morrone. Ce dernier est, contre son gré, élu à l’unanimité le 5 juillet, puis couronné le 29 aout sous le nom de Célestin V, à L’Aquila, cité abruzzaise.

De la renonciation à la canonisation

Mais le pontificat de Célestin V commence mal : le Pape doit essuyer de nombreuses critiques. On lui reproche sa formation théologique insuffisante, sa méconnaissance du droit canonique et du fonctionnement de la Curie romaine. Ce n’était pas le cas de Benoît XVI ; toutefois, il est intéressant de relever les similitudes du bref discours prononcé par les deux hommes le jour de leur renonciation. Le 10 décembre 1294, après moins de cinq mois de pontificat, Célestin V invoque devant son entourage son « humilité » et la « faiblesse de [son] corps », qui le conduisent à abandonner « librement et spontanément le Pontificat », afin de retrouver « la tranquillité perdue » que lui offrait sa vie d’ermite. Un calme que Célestin retrouve d’une manière peu pacifique, puisque son successeur Boniface VIII le fait enfermer dans une cellule du château de Fumone, dans la région de Rome. Il y meurt dix mois plus tard, puis, au terme d’un long procès en canonisation, est déclaré saint en 1313.

Sans doute Benoît XVI a-t-il médité la vie de Saint Célestin. Sans doute a-t-il été touché par cet exemple d’humilité. Trois gestes forts le rappellent. D’abord, le 28 avril 2009, lors d’une visite à la basilique du Collemaggio, Benoît XVI dépose sur le mausolée de Célestin V le pallium qu'il portait le jour de son intronisation. Puis le 11 février 2013, il annonce sa renonciation devant les cardinaux réunis en consistoire, la justifiant notamment par une « vigueur qui […] s’est amoindrie ». Le pape émérite montre ensuite son désir de mener une vie de contemplation et de prière, en se retirant au monastère Mater Ecclesiae, derrière les murs du Vatican. A une différence près : Benoît et son successeur François, sont, eux, unis par une amitié sincère et durable.



Photo : Le Pape Célestin V (1294-1296)


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